Claire de LAVALLEE – Ceramic Artist – PARIS, France

Claire has been making and selling apples for over 20 years. She has red ones, green ones, blue ones. She has silver or gold, white or beige, pale pink or bright orange. Since her first classic piece, a small bowl molded onto an apple, Claire has established herself as a ceramic artist bridging a gap somewhere between our daily lives and Art, infusing every single piece with poetry and beauty, seeking inspiration in the natural world and creating sometimes subtle and sometimes bright combinations of colours, textures and asymmetrical forms. She compares herself to a tree, dropping objects like leaves in Autumn. Recently, Claire’s approach has been moving into a more sculptural direction, to the core of her artistic life,  in a way that feels “more vital”. Claire works by addition and variation, not much disappears but everything is constantly changing, evolving, transforming. As the saying goes, “you can never step into the same river twice, for the river has changed and you have changed.”

ALOUD: Claire, peux-tu décrire ton parcours de céramiste?

(Claire, could you describe your journey as a ceramist?)

CLAIRE DE LAVALLEE: J’ai fait beaucoup d’autres choses dans ma vie. J’ai fait des études courtes et à 20 ans, j’étais totalement indépendante. J’ai exercé un autre métier pendant 15 ans. Parallèlement, je sculptais et j’ai étudié le chant lyrique intensément pendant 7 ans. J’avais besoin d’expression artistique. Puis, j’ai commencé à créer des pièces dans ma cuisine et je les emmenais au four collectif pour les cuire. De là, tout s’est mis en marche par petits miracles. Au moment où ça commençait à être difficile d’occuper le terrain familial si abondamment, un atelier s’est libéré rue St-Simon. J’avais un endroit où recevoir des gens et travailler, étaler mes pots de terre, les faire sécher et faire mes expériences.

(I have done many other things in my life. I did some short studies and at the age of 20, I was completely independent. I practiced in another profession for 15 years. In parallel, I sculpted and I studied lyrical singing intensely for 7 years. I needed some artistic expression. Then, I started creating pieces in my kitchen which I would take to the collective kiln to fire them. From there, everything started from a series of small miracles. At the time when it was getting difficult to occupy the family domain so profusely, a studio became available on the rue St-Simon. I suddenly had a place to meet people and work, spread out my clay pots, dry them and make my experiments.)

ALOUD: Est-ce que tu as tout appris toute seule?

(Did you mostly learn on your own?)

CLAIRE: J’ai commencé seule et ce n’est que longtemps après que j’ai appris à créer moi-même mes émaux pour la haute température: la porcelaine et le grès. Je travaillais alors les terres de basse température et lorsque j’ai vu des émaux que des céramistes avaient créés eux-mêmes, c’était tellement beau que j’ai voulu apprendre.

(I began alone and it is only much later that I learnt to create my own glazes for high temperatures: porcelain and stoneware. I was then only working with low temperature clays and when I saw glazes that ceramists had made themselves, I found it so beautiful that I wanted to learn.)

ALOUD: Comment travailles-tu tes pièces?

(How do you work your pieces?)

CLAIRE: Je travaille beaucoup à partir de plaques, et plus récemment, à partir de colombins, ce que je ne faisais pas du tout au début. J’ai eu 3 stagiaires dans ma vie qui venaient de l’École Olivier de Serres et qui avaient besoin d’un mois de travail intensif. La première de mes stagiaires est Simone Perrotte qui est maintenant céramiste. Ensuite,  Aurore Thiabaud qui s’est installée comme céramiste à Barcelone. Je lui ai proposé qu’on apprenne à travailler aux colombins ensemble pendant un mois. Je me suis dit que j’allais faire du colombin de porcelaine et ça, c’était quand même une aventure. Je trouve ça beau le contraste entre cette matière qui est à la fois précieuse, très présente et de la travailler en épaisseur, et d’intégrer le retour des traces du processus.

(I work a lot with slabs, and more recently, with coils, which I never did when I began. I have had 3 apprentices in my life who came from the École Olivier de Serres and needed one month of intensive work. The first of my apprentices is Simone Perrotte who is now an established ceramic artist. Then, Aurore Thiabaud who works as a ceramist in Barcelona. I suggested we learn to use coils together for one month. I thought I would use porcelain coils and well, that was quite an adventure. I find the contrast beautiful between this material which is both precious, very present and working it thickly, integrating and revealing the traces of the process.)

ALOUD: Comment ton travail a-t-il évolué avec le temps?

(How has your work evolved over time?)

CLAIRE: Au départ, mon plan était poético-politique. Je voulais que dans le quotidien, on puisse toucher des objets chargés de poésie, asymétriques, venant de la nature. Il y a une phrase naïve qu’a écrit le mari d’une de mes galiéristes, “Claire cherche à percer les secrets de la matière”. En fait, c’est vrai, c’est toujours vrai. Je me voyais comme un arbre qui perd ses feuilles à l’automne, et ses feuilles sont des objets. Le coté réitération et obstination: faire des pommes, et des pommes et encore des pommes, c’était comme d’interpréter plusieurs fois une chanson. Maintenant, je suis dans un processus d’inspiration artistique, dans une recherche de sens et de pièce unique, c’est une évolution comme ça et par un retour à la sculpture.

(In the early days, my plan was poetic-political. I wanted that in everyday life, one could touch objects charged with poetry, asymmetrical, originating in nature. There is a naive sentence written by the husband of a gallerist of mine, “Claire’s aim is to penetrate the secrets of the matter”. In fact, it’s true, it’s still true. I saw myself as a tree loosing its leaves in autumn, and its leaves are objects. The reproduction and obstinacy: making apples, and apples and more apples, was like performing a song several times. Now, I am in an process of artistic inspiration, a search for meaning through one-off pieces, it is that kind of evolution and through a return to sculpture.)

ALOUD: Ce que je trouve intéressant, c’est que tu continues avec certains objets mais tout en introduisant de nouvelles recherches comme des variations sur un thème.

(I find interesting that you continue with certain objects while constantly introducing new directions, like variations on a theme.)

CLAIRE: J’abandonne peu, je garde longtemps mes inspirations. Je vais peut-être un jour ne plus faire d’objets mais ils m’accompagneront jusqu’à ce qu’ils tombent d’eux-mêmes. Je ne vais jamais les mépriser. Je fonctionne plutôt par ajout.

(I abandon very little, I keep my inspirations for a long time. I might eventually stop making objects but they will stay with me until they drop off by themselves. I will never despise them. I work more by adding.)

ALOUD: J’imagine que tu ne fais plus beaucoup d’erreurs.

(I suppose you don’t make many mistakes anymore.)

CLAIRE: Je fais des expériences.

(I experiment.)

ALOUD: Quels sont tes projets actuellement?

(What are your current projects?)

CLAIRE: Me consacrer à des projets sculpturaux.

(To focus on sculptural projects.)

ALOUD: Tu avais un peu délaissé ça pour te consacrer aux objets du quotidien. Pourquoi penses-tu que tu retournes vers la sculpture?

(You had neglected that aspect a little bit to focus on daily life objects. Why do you think you are moving back towards sculpture?)

CLAIRE: La sculpture est revenue brusquement dans ma vie, comme passion prédominante, par deux de mes élèves en céramique, elles sont peintres, qui parlaient de l’École des Beaux Arts de la Glacière. Elles disaient que le plus bel atelier de toute l’école est l’atelier de taille directe dirigé par Sylvie Lejeune. J’ai voulu y aller tout de suite. Pour moi, il n’y a pas eu l’ombre d’une hésitation. Même s’il fallait assurer au moins 4 jours de présence par semaine à l’école. Je travaille ici le soir, le dimanche, la nuit.

(Sculpture has come back into my life suddenly, as a predominant passion, thanks to two of my ceramics students, they are painters, who were talking about l’École des Beaux Arts de la Glacière. They were saying that the most beautiful workshop in the whole school was the direct carving studio taught by Sylvie Lejeune. I wanted to go there immediately, beyond the shadow of a doubt. Even though one had to commit to a minimum of 4 days a week of attendance. I work here in the evenings, on sundays, at night.)

ALOUD: Est-ce que tu trouves que la céramique et la taille directe sont complémentaires?

(Do you find that ceramics and carving are complementary?)

CLAIRE: Je ne sais pas comment mais les deux sont dans ma vie. Il y a des niveaux d’expression artistique, il y a des niveaux d’investissement. Quand je sculpte en taille directe, je suis à un autre plan de moi-même que quand je modèle une assiette. C’est toujours moi, mais il y a des strates. C’est à la fois plus personnel et plus universel. C’est plus fort et plus vital.

(I don’t know how but both are in my life. There are levels of artistic expression, levels of engagement. When I am carving, I am on another level of myself than when I model a plate. It’s still me but there are strata. It’s both more personal and more universal. It’s stronger and more vital.)

ALOUD: Qui sont tes principaux clients?

(Who are your principal clients?)

CLAIRE: Pendant pas mal d’années, jusqu’à très récemment, j’ai beaucoup exporté aux États-Unis. Il m’est arrivé de faire de vastes réalisations. A mes débuts, j’ai travaillé pour Kenzo, pendant 2 ans. Il lançait un début, petit mais intéressant, d’objets pour la maison. On a fait une collection en se basant sur des objets que j’avais déjà créés. J’ai besoin que les formes naissent de moi. Je peux par la suite, si on me le demande, les adapter par rapport à des contraintes.

(For a number of years, until very recently, I exported a lot to the United States. I have had some vast undertakings. When I first started, I worked for Kenzo for 2 years. He launched a small, but interesting, range of household objects. We designed a collection based on pieces I had already created. The forms need to come from me. I can then, if I am asked to, adapt them to suit certain requirements.)

ALOUD: Comment est-ce que tu t’es fait connaître?

(How did you make a name for yourself?)

CLAIRE: Par les journalistes et les stylistes cuisine. Au moment où j’ai commencé, il y avait un engouement pour la cuisine mais il n’y avait rien pour présenter les mets donc ils se sont précipités sur tout ce que je faisais. J’étais citée et des mets étaient présentés dans mes plats. Jusqu’à ce moment où j’ai commencé à créer des objets poétiques dans lesquels on pouvait manger, il n’y avait pas grand chose sur le marché dans ce domaine. Par la suite, j’ai été beaucoup suivie. La seule solution est de toujours faire du nouveau.

(Through journalists and food stylists. When I began, a cooking trend was emerging but there wasn’t anything to present the dishes on so they jumped onto everything I was making. I was credited and dishes were arranged on my crockery. Until that point, when I started making poetic objects in which one could eat, there wasn’t much available in that area. Eventually, I was followed a lot. The only solution is to always innovate.)

ALOUD: Est-ce que tu penses qu’il y a un retour vers les objets faits à la main plutôt qu’en production de masse?

(Do you think that there is a return towards handmade objects as opposed to mass produced goods?)

CLAIRE: Oui, il y a un désir vers ça mais est-ce que les gens sont prêts à en payer le prix? Quand j’ai commencé, les gens ont eu un vrai goût pour qui ce s’est appelé le nouveau baroque. J’ai vendu énormément d’objets. Aujourd’hui le créneau s’est banalisé, et la pure création dans ce domaine est devenue une niche.

(Yes, there is a trend towards that but are people willing to pay the price? When I started, there was a real taste for what was called nouveau baroque. I sold a lot then. Nowadays, this slot has lost its edge and pure creation in that field has become a niche.)

ALOUD: Pourquoi est-ce que la céramique n’a pas le même cachet que d’autres formes d’art comme la peinture, par exemple?

(How come ceramics is considered a lower art form than painting for example?)

CLAIRE: Ça dépend des pays. Au Japon, un bol peut valoir le prix d’une toile de Picasso. En ce moment même, il y a un renouveau. Il y a de nouveau des gens aux Beaux-Arts qui travaillent la céramique comme sculpture. Ça va changer un peu le regard.

(It depends on the country. In Japan, a bowl can be worth as much as a Picasso. Right now, there is a renewal. There are people at the Beaux-Arts who are again working with ceramics as sculpture. It will change the perception.)

ALOUD: Est-ce que tu es d’accord avec cette citation “Choisis un métier que tu aimes et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie.”?

(Do you agree with this quote “Choose a job you love and you will never work a day in your life.”?)

CLAIRE: On appelle ça « travailler » mais c’est comme jouer pour les enfants. C’est l’activité naturelle de l’être humain. Quand on fait ce genre de métier, on est dans le vrai du travail. Ce sont des métiers de rois parce qu’on peut travailler vraiment au sens plein. Tout le monde devrait pouvoir avoir accès à ça.

(It is called “working” but it is like playing to children. It is the natural activity of the human being. When one has this sort of job, one is in the true meaning of work. These are kings’ professions because one can really work in the true sense of the word. Everyone should have access to that.)

ALOUD: Si tu pouvais changer quelque chose dans ta manière de procéder, que modifierais-tu?

(If you could change something in the way you proceed, what would it be?)

CLAIRE: J’aimerais que quelqu’un décide d’être mon agent. Je suppose que quelqu’un qui en aurait réellement envie pourrait réunir une dizaine de personnes dans mon genre et en inventant des manières un peu novatrices de promotion, ça pourrait marcher. J’aimerai aussi énormément travailler dans des projets architecturaux, à travers des fresques, des opus incertum ou des sculptures. Je l’ai déjà fait et J’aimerai beaucoup le refaire.

(I would love for someone to decide to be my agent. I suppose that someone who really wanted to could get a dozen people like me together and come up with novel ways to promote us, it could work. I would love also to work in architectural projects, through frescos, opus incertum or sculptures. I have done it before and I would love to do it again.)

ALOUD: En conclusion, est-ce que les risques de ce métier en valent la peine?

(In conclusion, are the risks associated with this profession worth it?)

CLAIRE: Oh oui, ça en vaut complètement la peine. C’est parfois dévastateur pour la santé, pour la vie sentimentale, pour les finances, mais bon… Sur la durée, si je devais me casser la gueule, ce serait déjà fait. Tu vois bien, quand tu as 20 ans de longévité, que d’une manière ou d’une autre, tu te démerderas pour continuer. Ça devient un mode de vie. La Vie.

(Oh yes, it is completely worth it. It can be devastating for one’s health, one’s sentimental life, one’s finances, but oh well…In the long run, if I was going to screw up, it would have happened already. You can tell, when you have 20 years behind you, that one way or the other, you’ll find a way to keep doing it. It becomes a lifestyle. Life.)

When I asked Claire who she could recommend to be profiled on this blog, she suggested both her former apprentices, Simone Perrotte, a ceramic artist based in Paris and Aurore Thiabaud who is established in Barcelona.

You can see more examples of Claire’s work and stay up-to-date on upcoming exhibitions and sales on www.clairedelavallee.blogspot.com

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3 comments

  1. Jane

    I have great respect for Claire’s fierce loyalty to her very first sources of inspiration and for her graceful way of adding new techniques to her craft thereby broadening the range of subjects.

    She makes a very valid point too when drawing our attention to the fact that ceramics deserve to be valued to the same degree as more commonly respected art forms: painting and sculpture. Not only can ceramic art be looked at and admired, but it can be used! How better to beautify one’s daily life?

    Finally, the question of how to promote/market one’s work? This is a challenge for those who prefer to devote all their time to creating and yet it must be faced.

    I treasure the 2 apple cups I own and wish Claire “bonne continuation” with her beautiful work.

  2. Pingback: Aurore THIABAUD – BARCELONA, Spain – Ceramic Artist | Aloud.

  3. Pingback: Exhibitions, Publications, Interviews & more: Find out what ALOUD.’s alumni are up to. « Aloud.

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