Myriam ROEHRI
PARIS, France
Photographer
If you listen to Myriam, you might be led to believe that what she does, photography, was not a choice, it was an evidence. What else would she do? What else could she do? Well, she says she could be a detective, investigating a scene, touching only with her eyes, leaving no other mark than the print of light on film. Myriam is one of these people who know very early what they want to capture in life. Emotions, fleeting instants, spontaneity, sincerity. It took a little bit longer to unconditionally embrace her medium. Through a succession of small accidents, Myriam has held a camera, on and off, since the age of 11 but it was only 5 years ago that she made the decision never to put it down again. She might not have chosen to see the light but she kept on looking.

ALOUD: Myriam, Pouvez-vous décrire votre parcours et ce qui vous a amené à la photographie?

(Myriam, Could you describe your journey to become a photographer?)

MYRIAM ROEHRI: Les hasards au sens de la chance. Ou bien mes pulsions scopiques dirait mon analyste (rire). Mon premier appareil photo était un cadeau de Noël, j’avais 11 ans. Je l’ai toujours d’ailleurs, c’est un petit Kodak Instamatic. Au remariage de mon père, auquel nous étions invités avec ma soeur et mes parents adoptifs, j’avais photographié la témoin de sa nouvelle femme. Elle me fascinait, elle portait un costume d’ homme trois pièces rouge et un énorme oeillet rouge. Je l’ai emmené à l’ exterieur devant une Mercedes grise et je l’ai photographié. Je me souviens, je lui disais “attends, j’en fais encore une, encore une”. Sans le savoir, j’ai fait une séance de mode à 11 ans alors que je ne savais même pas que photographe était un métier, et photographe de mode encore moins. C’était instinctif. Je cherchais le bon angle, la bonne émotion, une composition. Après cette première et dernière séance, j’ai fait très peu de photos. Je me suis faite engueuler par ma mère adoptive parce qu’il n’y avait que cette femme sur toute la pellicule, même pas les mariés, donc je n’ai jamais recommencé. Enfin si, j’ai recommencé très tard, encore par hasard. Je suis arrivée à Paris en 1983, le lendemain de mes 18 ans, en stop,avec une valise. Je cherchais ma mère que je ne connaissais pas. J’ avais juste une photo d’elle. J’avais rendez-vous le soir de mon arrivée dans un bar avec un ami Strasbourgeois qui faisait ses études à Paris et devait me loger. Il s’est trompé de jour, le portable n’existait pas et je ne savais pas où dormir. Il y avait des garçons qui jouaient au billard, nous avons sympathisé. Finalement j’ai laissé ma valise, je suis aller danser avec eux, et l’un d’eux, Pierre, m’a logé. Son père, William est un grand artiste, cinéaste et photographe.Voilà, encore un hasard. Il m’avait prêté un boîtier, un Nikon et j’ai commencé à faire des photos comme ça. Je m’asseyais à une terrasse de café et je photographiais les gens qui sortaient du métro.

(A series of chances. Or my scopic pulsions as my analyst would say (laughs). My first camera was a christmas present, I was 11 years old. I still have it, it’s a little Kodak Instamatic. At my father’s second wedding, to which my adoptive family and my sister were all invited, I photographed his new wife’s witness. I was fascinated by her, she was wearing a men’s red three-piece suit with a huge red eyelet. I took her outside to stand in front of a grey Mercedes and I shot her. I remember, I would say “wait, one more, one more”. Without knowing it, I did a fashion shoot at the age of 11 eventhough I didn’t know then that photographer was a job, let alone fashion photographer. It was instinctive. I was looking for the right angle, the right emotion, a composition. After this first and last photoshoot, I did very little photography. I got in trouble with my adoptive mother because this woman was the only person on the entire roll, not even the bride and groom, so I never did it again. I hitchhiked to Paris in 1983, the day after turning 18, with a suitcase. I was looking for my mother whom I didn’t know. All I had was a picture of her. I was supposed to meet a friend from Strasbourg in a bar the evening I arrived. He was studying in Paris and was letting me stay with him. He went the wrong day, there were no cell phones and I didn’t know where to sleep. I befriended some young men who were playing pool. Eventually, I left my suitcase at the bar, I went dancing with them, and one of them, Pierre, invited me to stay with him. His father is a well-established artiste, film-maker and photographer. That was another coincidence. I borrowed a camera, a Nikon and I started taking photos again. I would sit outside a café and shoot people as they came out of the métro.)

ALOUD: Qu’est-ce que vous recherchiez en photographant des gens sortant du métro?

(What were you looking for when you were shooting people outside the métro?)

MYRIAM: C’était arrêter le temps, l’instant et pouvoir l’analyser après, lire les photos, les regarder. Ca passe vite quand les gens sortent du métro. Ca va trop vite, l’oeil voit, enregistre mais c’est très rapide. En prenant une photo, on peut regarder, s’arrêter, explorer. Arrêt sur image. Voir, pour savoir…Deux ans après, dans le métro, j’ai rencontré un homme qui est devenu mon mari pendant 20 ans, et il se trouve qu’il était photographe mais je ne l’ai pas su tout de suite. Le métier des gens m’importait peu finalement. Il m’avait demandé avec insistance de rendre le Nikon. Et du coup, je n’ai plus jamais fait de photo. Enfin,pendant un temps, pendant 20 ans.

(It was to freeze time, the instant, to analyse it later, interpret the photos, study them. It goes quickly when people come out of the métro. It goes too fast, the eye sees, records but it is very quick. By taking a photo, one can look, stop, explore. Freeze-frame. To see, in order to learn…Two years later, in the métro, I met a man who became my husband for 20 years, and it turns out he was a photographer but I didn’t know it immediately. People’s professions didn’t have much importance to me. He had asked me repeatedly to return the Nikon. And so, I stopped taking photos. Well, for a while, for 20 years.)

ALOUD: Pourquoi?

(Why is that?)

MYRIAM: Je ne sais toujours pas, c’est complexe. L’essentiel c’est que j’en fais aujourd’hui. J’avais vraiment mis ça de coté. Du coup, j’ai travaillé en périphérie de l’image, dans la mode en assistant une rédactrice qui travaillait pour le jardin des modes . Pour la publicité aussi. J’ai été agent de photographe notamment pour mon mari. En 2005, mon mari et moi nous sommes séparés et j’ai repris un boitier. J’en avais besoin. Mes premières photos “princes & princesses” ont été exposées chez colette. J’ai travaillé sur les enfants, les “enfants rois”. C’était une réflexion sur la place de l’enfant dans nos sociétés consommatrices. J’ai demandé à des créateurs, les Tsé&Tsé, Marie Christophe et d’autres,de réaliser des couronnes et j’ai fait quelques portraits d’enfants comme ça et ils ont été exposées. L’année suivante, Sarah du magasin colette m’a proposé de continuer ce travail. On a demandé à toutes sortes de gens de participer, à des artistes, des créateurs de mode, des architectes. Il y avait Andrée Putman, Lanvin, Ich & Kar, Margiela,Husam El Odeh, Tom Binns et beaucoup d’autres. J’ ai fait une quarantaine de portraits. Je suis entrée dans la photo comme ça, sans plan, comme une évidence.

(I still don’t know why, it’s complex. The most important is that I do now. I had really pushed it aside. As a result, I worked around the image, in fashion as an assistant to a redactor of “le Jardin des Modes”. In advertising as well. I was a photographer agent, including my husband. In 2005, my husband and I separated and I picked up a camera again. I needed it. My first photos “princes and princesses” were exhibited at “chez colette”. I was working on children, the child as sovereign. It was a reflection on the place of children within our consumer society. I asked some designers, the Tsé&Tsé, Marie Christophe and others to create crowns and I took a few portraits of children like that and they were shown. The following year, Sarah from the Colette store offered that I pursue this body of work. We asked all kinds of people to participate, artists, fashion designers, architects. There was Andrée Putman, Lanvin, Ich & Kar, Margiela, Husam El Odeh, Tom Binns and many more. I did about 40 portraits. That’s how I entered photography, without a plan, like it was an evidence.)

ALOUD: Avec l’idée d’en faire une carrière?

(With the intention of making it into a career?)

MYRIAM: Quand j’ai fait “Princes et Princesses”, bien sûr. Forcément parce que je ne sais rien faire d’autre. (rires) Il y a d’autres choses qui m’intéressent que je ferai peut-être plus tard mais ce qui m’intéresse, ce sont les gens, leur histoire, les émotions, donc la photographie, c’est ce qu’il y a de plus direct pour explorer et vivre ça. L’écriture aussi est intéressante mais je n’ai pas pris le temps encore. Plus tard, quand j’en aurai marre de porter des flashs (rires).

(When I did “Princes & Princesses”, of course. Obviously since there is nothing else I know how to do (laughs). There are other things that interest me and that I might do later but it is people, their story, emotions I am interested in and photography is the most direct medium to explore and experience these. Writing is appealing too but I haven’t taken the time yet. Later, when I am tired of carrying flashes (laughs).)

ALOUD: Depuis ces premiers projets, est-ce que vous avez toujours été en freelance?

(Have you always worked as freelance?)

MYRIAM: Oui.

(Yes)

ALOUD: Comment trouvez-vous de nouveaux projets?

(How do you find new projects?)

MYRIAM: Comme tous les freelance, on prend des rendez-vous, on rencontre des gens, on montre son travail. Quand il y a un terrain d’entente, une sensibilité commune, les projets sont possibles. Mais parfois heureusement on me sollicite, grâce à internet ou la presse magazine.

(Like every other freelance, by setting up appointments, meeting people, showing my work. When there is a middle ground, a shared sensitivity, the projects together are possible. Sometimes fortunately people contact me, thanks to internet or magazines.)

ALOUD: Est-ce que vous travaillez dans un type de photographie en particulier, dans le domaine de la mode par exemple?

(Do you usually work in a particular field, fashion photography for example?)

MYRIAM: Non. Je fais des portraits, un peu de mode, pas beaucoup. Des photos d’enfants aussi. Je n’ai pas de domaine particulier. Je n’aime pas trop les spécialisations, sauf en médecine. Je trouve qu’arrivé à un certain point ça enferme et tue la créativité. C’est intéressant pour acquérir et parfaire des connaissances mais je trouve qu’on devient un peu robot. On retraduit en permanence ce qu’on connaît et à force de perfection ça devient très froid, inhumain. D’ailleurs lorsque l’on regarde les photos de ” spécialistes” dans un domaine, bien souvent elles se ressemblent , comme l’ impression d’aller vers le clonage.Je préfère explorer de nouvelles choses plutôt que de faire encore et encore une déclinaison d’une seule.

(No, I mostly do profiles, some fashion, not a lot. Photos of children as well. I don’t have a specific field. I don’t really like specialisations, except in medicine. I find that after reaching a certain point, it limits and kills creativity. It is interesting as far as acquiring and perfecting skills but it can also become a little bit automatic. One is constantly reinterpreting what one already knows and the down side of this sort of perfection is that it becomes very cold, soulless. In fact, when one looks at the photos of specialist in one field, they often look very similar, a little bit like clones.I would rather explore new things than doing variations on the same theme over and over again.)

ALOUD: Comment vous-êtes vous formée d’un point de vue technique?

(How did you train yourself technically?)

MYRIAM: De façon autodidacte, totalement. J’ai plein de bouquins et puis en regardant la lumière. Dans les expos aussi.La technique photographique c’est rien du tout. Il suffit de lire quelques livres, c’est très facile. Après, il faut regarder. Il faut être sensible à la lumière, il faut savoir regarder la lumière, c’est tout et traduire mais ça c’est rien du tout, n’importe qui peut le faire.

(I taught myself, entirely. I have a lot of books and just observing light. Through exhibitions as well. Photography technique is nothing at all. All you have to do is read a few books, it’s very simple. But then, one has to look. One has to be sensitive to the light, one has to know how to look at it, that’s all and interpret it but that’s nothing, anyone can do it.)

ALOUD: Est-ce que vous avez des projets personnels en parallèle du travail professionnel?

(Do you have personal projects in parallel to your professional work?)

MYRIAM: Je ne fais pas trop la différence. Mon travail personnel est professionnel. Quand on est photographe, on travaille tout le temps. Par moment, je me dis que j’aimerai bien avoir un appareil photo à la place de l’oeil, une greffe. Non, il n’y a pas de différence, je travaille en permanence. J’ai les yeux ouverts et j’observe. Je regarde et j’enregistre.

(I don’t really make a difference. My personal work is professional. When you are a photographer, you are always working. Sometimes, I think I would like to have a camera where my eye is, like a graft. No, there is no difference, I am always working. My eyes are wide open and I observe. I watch and I record.)

ALOUD: Est-ce qu’il y a des thèmes dans votre travail qui sont souvent présents?

(Are there themes in your work that are often present?)

MYRIAM: Il n’y a pas de thèmes particulièrement. Il y a beaucoup de nature, des animaux mais pas toujours. Il n’y a pas beaucoup d’artifice. Il y a beaucoup de sincérité, je crois. J’aime bien l’artifice cela-dit, il faut que ce soit sincère. J’aime pas les choses fabriquées comme ça, un peu vides.

(There are no specific themes as such. There is a lot of nature, some animals but not always. There isn’t a lot of artifice. There is a lot of sincerity, I think. Having said that, I do like artifice but it needs to be sincere. I don’t like things that are just made up, a bit hollow.)

ALOUD: En regardant sur votre site, j’ai vu beaucoup de photos de femmes, jeunes et très belles, nues ou dénudées dans la nature ou éclairées par de la lumière naturelle, une lumière très douce. Comme c’est un blog qui s’intéresse aux femmes, est-ce que vous pensez que les photographes ont un rôle à jouer dans la manière dont les femmes se voient à travers les médias?

(Going through your website, I saw many photos of young beautiful women, sometimes in the nude, in nature or lit by natural light, a very soft light. Since it is a blog dedicated to women, do you think that photographers have a role to play in the way women see themselves through the media?)

MYRIAM: Bien sûr, mais ce ne sont que des propositions de regard. C’est aux femmes de choisir, aux hommes aussi d’ailleurs. Je trouve effrayante cette tendance à vouloir restreindre ce qu’est une femme ou un homme à Barbie et Ken.

(Of course, but they are only propositions of a point of view. Women have to choose, men as well by the way. I find it scary to want to limit what a woman or a man should be to Barbie and Ken.)

ALOUD: Récemment, des magazines et des marques ont commencé à promouvoir une image moins restreinte des femmes.

(Lately, some magazines and brands have started promoting a more diverse image of women.)

MYRIAM: Oui, mais c’est très lent. Quand on voit des femmes de 70 ans qui ont l’air d’en avoir 40, ça fait peur. La tendance s’inverse un peu mais à peine. Je trouve que c’est très lent. Vieillir est tabou, presque interdit.

(Yes, but it is very slow. When you see 70 year old women who look like they are 40, it is frightening. The trend is shifting a little bit but it is a very slight change. I find it very slow.Growing old is taboo, almost forbidden.)

ALOUD: Avec quels types de clients, mis à part la mode, travaillez-vous?

(What kind of clients do you work with, outside of the fashion sphere?)

MYRIAM: Avec des artistes, l’industrie automobile, agro-alimentaire, du cinéma et de la musique, le tourisme.

(I work with artists, the automobile, food, movie and music industries as well as tourism.)

ALOUD: Est-ce que vous avez plutôt tendance à laisser les choses évoluer naturellement où est-ce que vous avez un plan?

(Do you tend to let things evolve naturally or do you usually have a plan?)

MYRIAM: Non, je n’ai pas de plan.

(No, I don’t have a plan.)

ALOUD: Les choses viennent?

(Do you let things come to you?)

MYRIAM: Oui, les choses viennent ou je vais les chercher. Je me lève et je me dis “j’ai envie de faire ça” et je me donne les moyens de le faire mais je n’ai pas de plan, dans 5 ans, dans 10 ans, je n’en sais rien.

(Yes, things come to me or I go get them. I get up and think “I want to do this or that” and I give myself the means to do it but I don’t have a plan, in 5 years, 10 years, who knows?)

ALOUD: Comment prenez-vous d’importantes décisions sur un projet? Quelles sont les choses qui vous ferait dire “non”?

(How do you make important decisions? What would make you say “no” to an offer?)

MYRIAM: L’éthique et l’irrespect. Je viens juste de renoncer à un projet important pour ces raisons. Il m’arrivera d’autres choses, j’aurai d’autres projets.

(Ethics and a lack of respect. I have just refused a major project for these reasons. Other things will happen, I’ll have other projects.)

ALOUD: Est-ce qu’il vous est arrivé de dire “oui” et de le regretter ensuite?

(Have you ever said “yes” to regret it later?)

MYRIAM: En tant que photographe, non. Avant, quand j’étais styliste, j’ai dit “oui” et je me suis retrouvée dans des trucs que je ne referai pas. Maintenant, par l’expérience de styliste, en photo, ça ne m’est pas arrivé. Je le sens avant, je dis “non” avant maintenant.

(Not as a photographer. Earlier, when I was a stylist, I said “yes” and ended up in situations I wouldn’t repeat. Now, because of experience, it hasn’t happened. I can sense it now, I say “no” early.)

ALOUD: Est-ce que de travailler pour vous même est un critère très important dans votre démarche d’être en freelance?

(Is working for yourself an important aspect of what you do?)

MYRIAM: Bien sûr. J’ai travaillé dans une entreprise il y a 5 ans, au moment de mon divorce pendant 9 mois. J’ai été obligée de trouver très vite du travail. C’est pas le travail en équipe qui est difficile pour moi, je l’ai fait pendant 9 mois mais, je dépéris.Ce n’est pas fait pour moi.C’est vrai que d’être freelance n’est pas facile tous les jours mais je reste en vie au moins.

(Sure. I worked in a company 5 years ago, around the time of my divorce for 9 months. I had to find work very fast. It wasn’t being part of a team that was difficult, I managed for 9 months but I was fading away. It’s not for me. Being freelance isn’t easy all the time but I am alive, at least.)

ALOUD: Est-ce que le revers de la médaille est de se sentir isolé dans son métier?

(Is the flip side of the coin to sometimes feel isolated within your profession?)

MYRIAM: Non, je pense qu’on peut être créatif seul. C’est moins gai mais on peut être créatif seul. Il n’y a qu’à sortir, il y a des gens partout. Des idées, il y en a partout. Il suffit d’aller boire un café, il y a pleins d’idées qui fusent partout. Il faut les saisir, c’est tout.

(No, I think one can be creative alone. It is less fun but one can be creative alone. You just have to get out, there are people everywhere. Ideas are everywhere. All it takes is going for a coffee, there are ideas flying all around us. You just have to catch them.)

ALOUD: Est-ce que vous avez tendance à partager vos idées?

(Do you tend to share your ideas?)

MYRIAM: Oui, parfois mais ce n’est pas nécessaire. C’est pas indispensable. Des idées, c’est des idées. C’est la réalisation des idées qui est importante. L’idée, c’est rien. C’est la mise en œuvre qui compte. J’ai plus tendance à partager la mise en œuvre que l’idée elle-même avec les gens avec lesquels je travaille.

(Sometimes but it isn’t necessary. It isn’t essential. Ideas are only ideas. The realisation of ideas is more important. I tend to discuss how to implement the idea itself with the people I work with.)

ALOUD: On en a déjà un peu parlé mais j’aimerais avoir votre réaction sur cette citation. “Choisis un métier que tu aime et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie”.

(We have already spoken about it a little bit but I would like to have your reaction on this quote: “Choose a job you love and you will never have to work a day in your life”.)

MYRIAM: Ah si, moi je travaille tous les jours de ma vie et j’aime ce que je fais mais c’est un travail. C’est ce qui est passionnant dans la vie. Sans travailler, on est désoeuvré, c’est horrible. Il y en a beaucoup des gens désoeuvrés, on en croise partout, de plus en plus. Je trouve ça très triste. Le travail, c’est génial quand on a trouvé quelque chose qui nous fait évoluer. Je crois qu’on peut le trouver dans différents métiers aussi. Par exemple, j’adorerais enquêter, ou être inspecteur à la crim, brigade criminelle.

(On the contrary, I work everyday of my life and I love what I do but it is still work. That is what is so thrilling in life. Without work, one is aimless, it’s terrible. There are many idle people, they are all around, more and more. I find it sad. Work is wonderful when you have found something that helps you evolve. I think you can find that in other professions too. For example, I would love to investigate, be a detective in a criminal brigade.)

ALOUD: Quand vous dites, je suis photographe mais je pourrais être inspecteur à la crim. qu’est-ce qui, pour vous, rapproche ces deux métiers très différents?

(When you say, I am a photographer but I could be a detective, what in your mind, brings these two very different jobs together?)

MYRIAM: L’humain, c’est le lien. L’intérêt pour l’être humain, essayer de comprendre ce qu’est l’être humain, comment fonctionne l’être humain.

(The human aspect, that is the link. An interest in human beings, trying to understand what a human being is, how we function.)

ALOUD: à travers l’observation?

(Through observation?)

MYRIAM: Bien sûr. Regarder, analyser et l’expliquer. C’est ça.

(Of course. Looking, analysing and explaining. That’s it.)

ALOUD: Quels sont vos outils de promotion?

(How do you promote yourself?)

MYRIAM: ça me fait penser au supermarché, au corner avec les camemberts en promotion. Je n’ai pas d’outils de promotion.

(That sounds like a supermarket, like the corner with cheese on promotion. I don’t have promotional tools.)

ALOUD: Est-ce que vous utilisez internet?

(Do you use the internet?)

MYRIAM: Pas tellement, j’ai un site mais c’est tout. Old-style. C’est par l’humain, la rencontre, je compte sur moi.

(Not so much. I have a website but that’s all. I’m old-style. It’s more through connections, meetings, I rely on myself.)

ALOUD: Est-ce qu’il y a des expériences que vous aimeriez ajouter à votre répertoire? Pas forcément en photographie d’ailleurs. Par exemple, vous avez parlé d’écriture.

(Are there experiences you would like to add to your repertoire? Not necessarily in photography. For instance, you spoke earlier about writing.)

MYRIAM: Oui mais plus tard, quand je serai plus vieille, plus tranquille. J’aimerais réaliser un film. J’aimerais jouer dans un film, ce serait drôle. J’aimerais prendre des cours de chant. Je trouve que le chant, ça libère les énergies, ça fait du bien de chanter. J’en avais pris un peu à la campagne parce que j’avais du temps. C’est un truc qu’il faudrait que je fasse, prendre le temps pour chanter à tue-tête. Et puis aussi sauter en parachute.

(Yes but later, when I am older, more settled. I would like to direct a film. Not a movie. I would like to act in a movie, it would be fun. I would like to take singing lessons. I find that singing releases energies, it feels good to sing. I took some in the country because I had time. That’s something I should do, take the time to sing my head off. And go sky-diving.)

ALOUD: Est-ce que vous avez des projets d’expositions solo?

(Do you have plans for solo exhibitions of your work?)

MYRIAM: J’aimerais en faire une en 2012 mais je n’ai pas encore abouti le projet. Je prépare un projet en Afrique avec les chimpanzés. J’espère, si j’y arrive, y aller deux fois pendant l’année, et aussi en 2012 pour pouvoir exposer en fin 2012.

(I would like to have an exhibition in 2012 but the project isn’t finalised yet. I am working on a project in Africa with the chimpanzees. I hope, if I can, to go there twice this year, and again in 2012 to exhibit at the end of 2012.)

ALOUD: Je pense que la réponse est évidente mais est-ce que de prendre des risques, d’être en freelance, en vaut la peine?

(I think the answer might be obvious but is taking risks, working freelance, worth the reward?)

MYRIAM: J’ai pas le sentiment d’avoir pris des risques. Je ne sais pas faire autrement, je ne sais pas faire autre chose. Je n’ai pas pris de risque, c’est plus une quête de moi, des autres, du monde mais chercher, ce n’est pas prendre des risques. Qu’est-ce qu’on risque? On risque juste de trouver.

(I don’t have the feeling of taking risks. I wouldn’t do it any other way, I wouldn’t know how. I haven’t taken any risks, it feels more like a search for me, for others, of the world but searching isn’t taking risks. What does one risk? Only to find what one was looking for.)

When the time came to recommend another woman who should be on this blog, Myriam suggested :

Lilly Marthe Ebener is a freelance fashion editor and fashion designer based in Paris. She has recently launched her own fashion label with a debut collection of handknit garments made from a combination of Alpaca wool, silk and fine Merino wool. Introducing her collection in her own words, she says:

“Beautifully Handmade More than clothing ; where the body ends and nature begins; pieces which capture spirit, vitality, and sincerity. 100% natural alpaca wool blends. Hand-knit with love.”

To see more of Myriam’s work, visit her website, Myriam Roehri Photography, at www.myriamroehri.com. You will also find her work in a number of publications, including CLAM, LUNA (a German publication for children) and ELLE magazine.

 
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4 comments

  1. Jane

    Myriam Roehri truly personifies the term “free spirit.” One easily imagines her floating through life carried by her optimism and leaving glittering fairy dust in her trail in the form of enchanting photographs like the ones displayed on this blog.

  2. beautiful work, and a fascinating take on life at the call of a camera

  3. Pingback: Myriam ROEHRI – New Work, New Medium. | Aloud.

  4. Pingback: Conceived on the road and 9 months in the making, Aloud. just turned One! | Aloud.

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